10.05.2008

En vadrouille à Clichy

Au début, rien de spécial. Une course à faire du côté de la place Clichy. Un jour ordinaire... un jour de pluie, un jour avec des bottes. J'évite quelques flaques d'eau, pour rire. Je marche en zigzag, au pif sous les gouttes.
Une histoire banale, en somme. J'étais juste partie acheter un bracelet-montre quand il m'est tombé dessus. Littéralement, tombé dessus. J'avais rien demandé, mister Henry. Vous écrivez? Tant mieux, moi aussi. Du moins, un peu. On imagine une aquarelle, à la place des mots. Une oeuvre bien de saison. Rencontre, discussion, tout s'arrose ici-bas. Un verre après l'autre, et on marche de travers. N'est-ce pas, l'ami? La danse des pas. Couleur deuil ou macadam. Anaïs est repartie, possible... Alors, écrire. Noircir des pages et des pages au bord des comptoirs. Du spleen en vrac. Et, l'auteur se souvient, des "Jours tranquilles à Clichy". Depuis ce jour-là, je pars toujours en vadrouille à Clichy, ou ailleurs, sans montre. Sexus, Plexus... avec juste, un peu d'eau de mer, sous le pinceau d'Henry Miller.

Ophélie Grevet

EN PENTE DOUCE

Vol plané du rouge-gorge entre deux trombes d'eau.
Gorge rouge sur ciel gris, palpitations.
Le coeur effleure la peau et, sous ma plume, il bat.
Chamade. Comme l'oiseau, à tire d'ailes...
briser l'espace et se poser en rond, sur l'arbre de Vie.

Pitié pour les auteurs et leurs mélodies terrestres!


Ecoute, Beaumarchais...

Nos gazouillis mettront les bouchées doubles,

pour composer un dernier lieder.

Note après note et ventre vide,

l'art est un laurier rose fané.

A quoi bon, finalement... écrire, en pente douce.


Ophélie Grevet.

CHAMPAGNE...

Le titre est là, il éclate comme une bulle dans le texte du dramaturge Yves Navarre.
Huis clos, mot à mot, tout se dit à moitié chez ces gens-là. Bourgeoise déjantée et mari esclave... qui lèchera les pieds de l'autre? Voilà bien la question. L'amant peut toujours se brosser, pas de baiser volé dans l'encoignure... non, pas de baise, non plus; non, juste une coupe de champagne!

A toi, l'auteur, de France et de "Navarre", je dis merci.

Le théâtre est une matière vivante. A sauver.

Dans quelques semaines, à vos télé-commandes. Au nom de Molière, ils vont nous bassiner... oh, pardon, nous rappeler que le théâtre est une nécessité.
Ecran noir. Visages de comédienne aux anges. Celui par exemple, de madame Marguerite, alias Annie Girardot. Une grande et belle actrice... champagne, mademoiselle! A vous, nos pensées un peu noyées par le souvenir d'un autre génie: Michel Audiard.

On vous le dit tout de go, chère Annie. Oui, on vous aime. Le ciel peut devenir cotonneux comme après un orage, ou bleuir à l'annonce du générique d'un film de Charlie Chaplin... Statuette molièrisée ou pas, chère Annie, OUI, on vous aime.

Zut... je ne voulais pas parler ainsi du théâtre.

J'aurais dû mettre des gants.

Un chapeau de paille d'Italie...

Ou tous mes yeux dans le même cahier.

Classique... Comme rombière rime avec cafétière, je laisserai le mot de la fin à l'ami Audiard: "Si l'on mettait tous les cons sur orbite, t'aurais pas fini de tourner".

Le théâtre est un volcan. Un feu vivant. A jouer ou à relire: Champagne... une pièce de Yves Navarre.

Ophélie Grevet